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Les convertibles, l'idéal actuellement

12.07.2007

Von Yves Hulman

Veröffentlicht in der l'agefi

12/07/2007, Seite: 15, Rubrik: Marchés

 

Pour la société zurichoise Fisch Asset Management, ces instruments à mi-chemin entre actions et obligations sont surtout attrayants en fin de hausse des taux.

 

Fondée en 1994 par les frères Kurt et Pius Fisch, la société Fisch Asset Management est spécialisée dans le domaine des obligations convertibles. Détenue entièrement par ses collaborateurs, l'entreprise, qui emploie 21 personnes à Zurich, se concentre sur la clientèle institutionnelle, qu'il s'agisse de caisses de pension, de «family offices» ou de gérants de fortune. Elle gère des actifs à hauteur de 4,5 milliards de francs. Pour ses deux co-fondateurs, il n'y a pas de doute, les convertibles ont leur place dans chaque portefeuille. Leur part dans un portefeuille devrait idéalement atteindre jusqu'aux environs de la moitié de la proportion normalement réservée aux actions. Et de citer quelques exemples d'emprunts convertibles intéressants émis en Suisse récemment à l'exemple de Pargesa à l'horizon juin 2014 (coupon de 1,75%) émis début juin ou encore d'Adecco à l'horizon août 2013 (coupon 0%). Pour expliquer l'attrait de cette catégorie de placement située à mi-chemin entre les obligations et les actions, Kurt Fisch, co-fondateur de Fisch Asset Management, et Beat Thoma, responsable des investissements (CIO) de la société, répondent aux questions de «L'Agefi».

 

Quels sont les raisons qui parlent en faveur d'un investissement sous la forme d'obligations convertibles dans le contexte

 

Kurt Fisch: Le principal argument qui parle en faveur des emprunts convertibles est l'incertitude qui règne sur les marchés. Un convertible a en effet pour caractéristique de pouvoir se transformer soit en une action, si les attentes du marché sont favorables, soit en une obligation dans le cas contraire, ce qui lui confère aussi un caractère défensif. De ce point de vue-là, un convertible constitue un instrument idéal pour les investisseurs qui veulent profiter d'un marché haussier tout en disposant d'un coussin de sécurité à la baisse.


De nombreux produits structurés se targuent des mêmes mérites auprès des investisseurs. Face à cette nouvelle concurrence, quels sont les atouts spécifiques des obligations convertibles?

 

Beat Thoma: Comparés aux produits structurés, les principaux avantages des convertibles se situent au niveau des coûts. En tenant compte des coûts cachés, certains produits structurés se traitent avec des frais nettement plus élevés que les convertibles, ce qui réduit leur performance nette.

 

Kurt Fisch: Il faut également souligner qu'il est très difficile de pouvoir répliquer les caractéristiques spécifiques des emprunts convertibles. En partant d'un niveau de volatilité donné pour ces deux instruments, on peut constater que la réaction des obligations convertibles face à certaines situations de marché n'est pas la même que pour certains produits structurés. En d'autres termes, cela démontre que les convertibles offrent une source de diversification supplémentaire qui n'est pas aisée à répliquer.

 

La liquidité des convertibles est-elle toujours suffisante?

 

Beat Thoma: Même si l'on prend pour exemple des émissions suisses de taille moyenne, il y a souvent un nombre de 20 à 30 prix différents qui sont offerts simultanément. Il est en général possible de négocier des emprunts d'un montant de 10 millions de francs sur le marché sans que les prix ne s'écartent significativement dans un sens ou dans l'autre.


La majorité des économistes anticipent une poursuite de la hausse des taux d'intérêt. Quel serait l'impact d'une poursuite de la hausse des taux pour le marché des obligations convertibles?

Il faut aussi relever que la sensibilité des convertibles envers les taux s'étend sur une période plus courte que pour une obligation classique. Si vous prenez, par exemple, une duration de 5 ans, la sensibilité d'un convertible ne porte que sur trois ans au lieu de toute la période. Cela confère aux convertibles un avantage important en fin de cycle haussier de taux d'intérêt : dans cette situation, l'investisseur profite en effet, d'une part, de la poursuite d'une conjoncture favorable, qui accroît la valeur d'option du convertible, alors que d'autre part, le convertible ne montre plus qu'une faible sensibilité envers la hausse des taux. C'est pourquoi les convertibles sont des instruments doublement appréciés en période de fin de cycle haussier des taux d'intérêt.

Comment évolueront les volu-mes d’émission ces prochains mois?


Kurt Fisch: En période de hausse des taux d'intérêt, les convertibles constituent un instrument de refinancement également attrayant du point de vue de l'émetteur. En effet, l'émetteur peut se permettre d'offrir un coupon nettement inférieur à ce qu'il devrait proposer avec une obligation classique. L'émetteur obtient l'argent dont il a besoin, l'investisseur peut, lui, investir de manière sûre tout en bénéficiant d'opportunités supplémentaires.


Les convertibles sont-ils avant tout prisés par les entreprises qui n'arrivent pas à se refinancer au moyen d'emprunts classiques?

 

Beat Thoma: Ce n'est pas forcément le cas. Bien entendu, beaucoup de convertibles se situent en dessous du seuil d' «investment grade» mais il y a en aussi de nombreux qui disposent d'une note plus élevée. Différents profils de risque existent avec les convertibles, comme c'est le cas pour les autres emprunts.


Quelle performance peut-on attendre en moyenne d'un placement dans des emprunts convertibles?


Kurt Fisch: Cela dépend bien entendu de la monnaie dans laquelle vous investissez. Pour des convertibles émis en francs suisses, la performance se situera à un peu plus de 2,5% actuellement. Elle atteint en moyenne entre 4 et 7% dans un horizon de long terme. Avec un placement en euros, il faut compter avec une performance supplémentaire d'environ 2%, soit une fourchette de l'ordre de 6 à 9%. De manière générale, la performance des convertibles se situe justement entre celle des actions et des obligations. Mais en tenant compte de la performance ajustée au risque, les obligations convertibles battent aussi bien les actions que les obligations.

 

Et qu’est-ce qui peut arriver de pire à un convertible?

 

Kurt Fisch: Une longue période de recul de la volatilité! Quand il y a beaucoup de volatilité, c'est bon pour nous. Lorsque rien ne se passe, cela réduit l'attrait des convertibles aux yeux des investisseurs!

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